Grenoble
16 juin 2006

habiter

Extrait vidéo de la conférence de
Lara Almarcegui
accompagné d'un texte de présentation de son travail
 

 

 



Démolitions, friches, terrains vagues

À travers mon œuvre et l’étude de lieux qui échappent à une définition fixe de la ville ou de l’architecture, je m’interroge sur l’urbanisme. Des endroits tels que les terrains vagues ou les friches, dus à l’oubli ou au désintérêt, échappent à un dessein défini. Je m’intéresse aux situations de changements qui témoignent de l’instabilité de la ville ; aux édifices avant, pendant et après leur démolition. Ils véhiculent une image de la ville très différente de celle que les autorités souhaiteraient établir.

Les projets que je réalise et qui mettent en lumière ces lieux se développent de trois manières différentes : la réalisation d’actions physiques qui montrent directement quelles sont les possibilités d’engagement par rapport à un site : par exemple, creuser un trou dans un terrain vague afin de découvrir ce qu’il y a sous terre ; restaurer une halle en passe d’être démoli ; rénover une cabane… D’autres projets prennent la forme d’une recherche approfondie comme, par exemple, intégrer une communauté de jardiniers ouvriers, lister les matériaux de construction d’un édifice ou d’une ville, répertorier tous les terrains vagues d’une ville puis éditer un guide. D’autres projets se résument à des convocations à se rendre sur un « lieu intéressant », comme lorsque j’invite le public à assister à des démolitions.

Depuis que je bénéficie d’un plus grand soutient et de plus de possibilités pour les réaliser, certains de ces projets se sont radicalisés. Ainsi, pendant l’élaboration du « guide touristique » des terrains vagues de la ville, je déclarais travailler à Amsterdam. À Liverpool, j’ai organisé une visite guidée de ces mêmes lieux. Plus tard, j’ai ouvert les grilles de plusieurs terrains vagues qui, jusque-là, demeuraient clos. Et lors d’un de mes derniers projets, j’ai convaincu les propriétaires d’un terrain situé sur le port de Rotterdam et ceux d’un terrain situé dans la ville minière de Genk de les laisser vacants et de s’assurer qu’ils le resteraient encore longtemps.


Lara Almarcegui, juin 2006