Alice Marquaille

Alice Marquaille

alicemarquaille@hotmail.fr

Brion Gysin, Dreamachine, 1960

Entrer à l’Ecole du Magasin permet un passage logique entre la formation universitaire que j’ai suivie et l’insertion dans le milieu de l’art contemporain où je souhaite officier en tant que commissaire d’exposition. Dévier de ma route, regarder partout, parfois m’égarer, c’est ce qui me permet de garder conscience de ce qui nous entoure et enfin le retranscrire dans des projets qui éclairent autrement le monde grâce à l’art.

Ce qui m’a toujours importé, c’est d’avoir le regard braqué sur le monde, avoir toujours conscience de ce se qui se passe autour de moi. J’ai décidé d’étudier l’histoire de l’art, car c’est ce qui permet le mieux de saisir les particularismes humains ; les objets artistiques n’ont d’autres finalités que d’exprimer les indices de l’essence humaine. Curieuse et soucieuse d’exhaustivité, j’ai terminé mon cursus universitaire par les Cultural Studies, afin de saisir les enjeux des diverses sciences humaines appliquées à la compréhension de la culture. Il me semble en effet primordial de comprendre les relations hégémoniques au sein de la société, relations qui analysent politiquement les créations culturelles.

J’ai rencontré Aline Vidal et c’est dans sa galerie que j’ai pris gout à être proche de la création vivante, à rencontrer les artistes et travailler directement avec eux. Dès lors, je veux rester dans le milieu de l’art contemporain. J’ai eu la chance de suivre Jean de Loisy sur le projet de Traces du Sacré[1]. Les Portes de la perception s’ouvrent à moi lorsque j’étudie le surréalisme autour de George Bataille et la constellation de la Beat Generation, deux dossiers qui deviendront deux articles dans le catalogue. Cette expérience me motive à devenir curateur, car ce métier permet d’allier recherche, et donc alerte intellectuelle, et mise-en-œuvre, c’est-à-dire échanges vifs et passionnants avec les artistes.

Aujourd’hui je travaille sur les communautés contemporaines, face à la désacralisation de la société. Je m’interroge aussi sur l’interprétation de la musique comme acte fictionnel. Ces deux orientations sont reliées au projet du groupe Session 19 et à mes recherches antérieures. Elles permettent d’embrasser différents aspects de la construction identitaire de la culture hypermoderne[2] dans laquelle je me trouve.

Ainsi, historienne de l’art, familière des Cultural Studies, je m’intéresse aux artistes extra-occidentaux, aux pratiques minoritaires. Curieuse et bouillonnante, je souhaite analyser les pratiques artistiques dans le champ de l’exposition grâce à diverses méthodes, histoire, sociologie, sémiotique, et cherche les significations des œuvres par des connections insolites, avec la pensée complexe en ligne de mire[3].



[1] Centre Pompidou, 7 mai- 11 août 2008.
[2] LIPOVETSKY Gilles, Les Temps hypermodernes , Bernard Grasset, Paris : Nouveau Collège de Philosophie, 2004.
[3] Particulièrement : MORIN Edgar, La Méthode, 5 L’Humanité de l’humanité, L’Identité humaine, Paris : Essais Points, 2001.