How not to make an exhibition

How not to make an exhibition / Comment ne pas faire d’exposition

An interdisciplinary program / Un programme interdisciplinaire

How To, Program

Comment ne pas faire d’exposition est un programme interdisciplinaire réunissant des artistes et des collectifs d’artistes d’Espagne, des Etats-Unis, de France et de Lettonie, de générations différentes et issus de champs multiples. Ce programme est proposé par un groupe international de curatrices aux compétences tout aussi diverses, réunies pour former la Session 19 de l’Ecole du Magasin, formation professionnelle aux pratiques curatoriales à Grenoble. Se déclinant sous la forme de tables rondes, d’un atelier, de conférences, d’activations de protocoles artistiques, de publications et d’installations, Comment ne pas faire d’exposition n’est pas une exposition au sens conventionnel du terme, mais une invitation à l’expérimentation active des artistes, des publics et de la Session 19.

Prenant pour point de départ le contexte dans lequel il a été élaboré, une école, Comment ne pas faire d’exposition s’interroge sur la construction des acquis et l’assimilation des savoirs. Les « tactiques de fiction », terminologie qui articule le programme, offrent des alternatives aux systèmes d’apprentissage établis et remettent en question leur dimension coercitive. Emprunté au théoricien français Michel de Certeau, le terme de tactique désigne une manière de s’infiltrer dans les failles des systèmes dominants pour y créer des espaces interstitiels. La notion de fiction ne se réfère pas à l’invention d’un monde imaginaire, mais offre une trame narrative qui permet une construction intelligible de la réalité.

à travers l’ensemble du programme Comment ne pas faire d’exposition, nous abordons différentes perspectives qui s’entrecroisent, nous ouvrons des hypothèses qui viennent s’étayer à travers le dialogue suscité entre les artistes et les publics. Ces perspectives et hypothèses seront ensuite repensées dans le contexte de ce que nous nommons « How To », une édition élaborée en post-production, qui constitue le dernier volet de Comment ne pas faire d’exposition. Accessible sous la forme d’un PDF téléchargeable ici (post prod how to) , ce « How to » tire son nom du rapprochement des homonymes anglais « how-to » et « how to », qui signifient respectivement « manuel » et « comment ».

Questions indéfiniment ouverte, « How to » aborde les multiples interrogations de la Session 19. Quel rôle l’art joue-t-il dans une société qui reconnait à peine l’existence d’un scénario où la parole publique et le comportement symbolique pourraient adresser des enjeux importants pour le bien commun ? L’effet de surprise permet-il à l’art d’affecter la réalité, plutôt que de la refléter ? Quels sont les points de rencontre entre l’histoire, le politique et le langage ? Comment ? Comment désobéir au contrôle politique du désir et de ses affects ? Comment court-circuiter les technologies du genre et leur inscription dans la mémoire du corps ? Comment affirmer une insurrection dans la manipulation des médias de masse ? Comment invalider le système éducatif et reconsidérer l’apprentissage ? Comment créer un espace pour une nouvelle transformation du politique et du social à travers la participation collective ? Comment changer les perceptions de sorte à échapper au cadre d’une société normalisante ? Comment déconstruire les préjugés et repousser les frontières de la doxa en interrompant les relations entre la sensation et son analyse perceptuelle ?

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PROGRAMME DES 29 ET 30 MAI 2010

telechargeable ici : How not to make an exhibition

29 MAI

  • 11H- 14h : HOW TO DECONSTRUCT GENDER

Cabello/Carceller (es)

Conférence/performance, discussion

Issues related to the destabilization of gender and its reconstruction travels through the artistic practice of this Spanish collective. Their presentation will be followed by an open discussion with the public and curators. This second discussion focuses on the figure of Teresinha Gomes, a Portuguese woman who lived seventeen years under
a false identity as an army general — a male.

FR: COMMENT DÉCONSTRUIRE LE GENRE

Les problématiques liées à la déstabilisation du genre et à sa reconstruction traversent la pratique artistique du collectif espagnol, dont la présentation du travail sera suivie par une discussion ouverte avec le public et les curatrices. Cette discussion prend pour point de départ la figure de Teresinha Gomes, une femme portugaise ayant vécu dix-sept ans sous l’identité fictive d’un général de l’armée – un homme.

  • 16h: HOW TO ACT IN THE PUBLIC SPHERE

Bruce High Quality Foundation (us), Claire Fontaine (fr)

Table ronde

Considering that proposals and ideas that would die in other fields can thrive in art, the two collectives are invited
to respond to the question: “What possibilities for artistic action exist in the public sphere?” During an Open Talk, Bruce High Quality Foundation invest the experience of public space with wonder, to resurrect art history from the bowels of despair. Claire Fontaine offers a political text.

FR: COMMENT AGIR DANS LA SPHÈRE PUBLIQUE

Considérant que des propositions et des idées qui n’auraient aucune existence dans d’autres domaines peuvent prospérer dans celui de l’art, deux collectifs ont été invité à répondre à la question : « Quelles sont les possibilités de l’action artistique dans la sphère publique ? » Lors d’une table ronde, Bruce High Quality Foundation investit l’expérience de l’espace public avec émerveillement, pour ressusciter l’histoire de l’art des entrailles du désespoir. Claire Fontaine présente un texte politique.

18h30 : HOW TO QUESTION ARTISTIC EDUCATION

Ivars Gravlejs (lv), Émilie Ibanez (fr)

Publication et action

In conjunction with the release of a limited artist’s edition that sets up a dialogue between Nelson Goodman’s L’Art en théorie et en action (the french translation of two chapters of the original version Of Mind and Other Matters) and the photographic work of artist Ivars Gravlejs entitled My Newspaper, the artist Émilie Ibanez presents selections from the extra-artistic library BARBARa.

FR: COMMENT S’INTERROGER SUR L’ENSEIGNEMENT ARTISTIQUE

En résonance avec la publication de l’édition artistique limitée qui met en dialogue le livre
de Nelson Goodman L’Art en théorie et en action
et l’oeuvre photographique de l’artiste Ivars Gravlejs intitulée My Newspaper, l’artiste Émilie Ibanez dispose une sélection issue de BARBARa, la « bibliothèque périplasticienne ».

  • 29 et 30 mai

HOW TO PERCEIVE REALITY THROUGH ALTERED STATES OF CONSCIOUSNESS

Fouad Bouchoucha (fr)

installation

Based on the Erik Satie composition entitled Vexations (1893), the artist presents an installation of raw materials which can be used to build a meditation space. In turn, the work becomes a score in which the spectator assumes the roles of composer and interpreter in rebuilding his or her perception of reality.

FR : COMMENT PERCEVOIR LA RÉALITÉ A TRAVERS DES ÉTATS ALTÉRÉS DE CONSCIENCE

S’inspirant de la composition d’Erik Satie intitulée Vexations (1893), l’artiste propose une installation composée de matériaux bruts pouvant servir à la construction d’un espace de méditation. L’oeuvre devient à son tour une partition dans laquelle le spectateur endosse les rôles de compositeur et d’interprète, afin de reconstruire sa perception de la réalité.

  • 30 mai

15h: HOW TO TWIST OUR SKILLS THROUGH ARTISTIC PROTOCOLS

Christophe André (fr), IKHÉA©SERVICES (fr)

Conférence, discussion

Following a clandestine action which activates a modes of employment of IKHÉA©SERVICES (Jean Baptiste Farkas) and a protocol of Christophe André, the two artists talk in a public discussion. This is an opportunity to raise issues related to the reception and effectiveness of their practices, as well as methods of making objects and social codes.

FR: Comment introduire des protocoles artistiques pour pivoter nos compétences

Suite à une intervention clandestine où sont activés l’un des modes d’emploi d’IKHÉA©SERVICES (Jean-Baptiste Farkas) et un protocole de Christophe André, les deux artistes s’entretiennent lors d’une discussion publique. Celle-ci est l’occasion de soulever des questions liées à la réception de l’oeuvre, son effectivité, ainsi qu’aux modes de fabrication des objets et des codes sociaux.

Issues related to the destabilization of gender and its
reconstruction travels through the artistic practice of this Spanish collective. Their presentation will be followed by
an open discussion with the public and curators. This second discussion focuses on the figure of Teresinha Gomes,
a Portuguese woman who lived seventeen years under
a false identity as an army general — a male.