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Fotogramma d'archivio tratto da "Appunti romani" Fotogramma d'archivio tratto da "Appunti romani" Fotogramma d'archivio tratto da "Appunti romani"



Fotogramma d’archivio tratto da "Appunti romani"

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Note su Appunti romani

Marco Bertozzi

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Testo apparso in "Comunicazioni sociali. Rivista di media, spettacolo e studi culturali", Anno XXVII, n. 3, Settembre-dicembre 2005, numero monografico a cura di Luisella Farinotti e Elena Mosconi "Il metodo e la passione. Cinema amatoriale e film di famiglia in Italia", pp. 519-526.

Leggere il testo integrale

Marco Bertozzi (Bologna, 1963) fa parte del gruppo di registi che, negli ultimi anni, ha contribuito alla riscoperta e alla rinascita del documentario italiano, con un forte impegno teorico (suoi libri quali "La veduta Lumière", Bologna, 2001, "L’idea documentaria", Torino, 2003 e, in uscita, la "Storia del documentario italiano", Venezia, 2008), autoriale (con film pluripremiati in festival nazionali e internazionali, come "Appunti romani", 2004), didattico (al Centro sperimentale di Cinematografia di Roma, alle Università di Roma Tre, Macerata e IUAV di Venezia), di promozione culturale (con l’Accademia di Francia, l’Associazione italiana documentaristi, il Premio Solinas, l’Archivio audivisivo del movimento operaio di Roma). Dopo gli studi in architettura a Firenze, il dottorato e il post-dottorato in Cinema (Università di Bologna, Paris 8 e Roma Tre) realizza documentari sui temi dell’immaginario urbano e delle identità culturali, fra i quali "Note per quattro amici" (Gabbiano d’Argento ad Antemprima per il cinema indipendente italiano), "Rimini Lampedusa Italia" (2004) e "Il senso degli altri (2007) entrambi presentati al Torino Film Festival. Attualmente è Professore Associato di "Cinematografia documentaria" alla Facoltà di Beni culturali dell’Università di Macerata.  

 

Appunti romani est un film basé sur des archives, sur Rome, réalisé à partir de séquences d’œuvres conservées dans diverses cinémathèques européennes. Il est né d’un projet en commun avec la bibliothèque d’art de l’Université de Rome III, le Département de Communication et Spectacle de la même université et les archives audiovisuelles du mouvement ouvrier et démocratique (AAMOD) de Rome. La plupart du matériel utilisé provient de ces archives, de l’Istituto Luce, des archives centrales et de la Discothèque d’Etat, toujours de Rome, de la cinémathèque de la Ville de Bologne, de l’Amsterdam Film Museum, ainsi que de collections particulières. Pour sa réalisation, on a procédé de façon quasi erratique, à la manière presque des radiesthésistes, et après un an de travail on est arrivé à identifier un premier noyau issu des sélections audiovisuelles : fragments de paysages de la fin du XVIIIème siècle, le premier Pape filmé, ruines antiques traversées par des bergers ; l’image de Rome donnée par les premiers ciné-journaux, documentaires de propagande et grands projets urbains du Régime qui vont de l’éventration des Forums jusqu’à la construction des quartiers périphériques ; les destructions de la guerre, les années difficiles de la reconstruction, l’espoir qui a suivi et les tensions sociales de l’époque, tout cela raconté soit par des séquences de films pro-gouvernementaux, soit par des fragments indépendants ou de culture opposée.

Un film qui raconte la ville imaginée au XXème siècle se doit de se confronter aux mentalités qui ont produit certaines visions, en souligner les projets médiatiques de masse que seul le temps rend compréhensibles et, souvent, mythologiques. Abattre les remparts de l’objectivité et de la référence documentaire - l’image réaliste porte une co-responsabilité dans les crimes idéologiques – et, dans ce cas précis, le film a renoncé dès l’origine à l’idée d’être une Reconstruction Objective, type Grande Histoire. A l’inverse, il avance par fragments sensibles, par séquences composées au fil de traces éphémères, par anamnèses soudaines liées à des beautés égratignées révélées sous une nouvelle lumière. Loin de la naïveté épistémologique de l’essai documentaire apparaît quelque chose qui franchit le visible connu, la reconnaissance iconographique d’un lieu obéré par les stéréotypes et autres images de carte postale, donnant plutôt un nouveau regard aux récits, à la complexité et aux identités multiples d’une « très ancienne ville moderne » […]

Dans sa tentative de rendre l’étendue poreuse des images de l’urbs, Appunti Romani affirme une autonomie interne, un choix de rythme et de composition qui préfère travailler avec le fragile plutôt qu’avec le sûr, où la cohérence esthétique intime de l’œuvre existe dans l’impossibilité de sa reconnaissance immédiate. D’autre part « l’image documentaire est toujours la trace d’une compromission, d’une omission, d’une lacune, elle est le produit d’une relation qui trahit cette relation, qui en dissémine le sens » (M. Froger, Don et image de don). Plus que de la Rome de pierre, de la ville physique, le film est tributaire de son architecture mentale, dans une reconfiguration poétique qui cherche à devenir « don », pour tous, moment d’hospitalité visionnaire à prendre et à jouir. Ses lacunes, son caractère énigmatique, vivent une nouvelle vie au sein du cercle chaleureux des différentes communautés de spectateurs, de Rome à Londres, de Paris à Mexico, du Canada à la Chine. Comme si le film permettait une réorganisation en équilibre instable des espaces privés, de la mémoire, et des espaces publics, de l’histoire : un recyclage poétique qui ouvre de potentielles réécritures du monde, soustraites à l’ombre des coffres précieux du cinéma et aux obsolescences programmées du marketing. Voilà une nouvelle étique de l’esthétique : arrêter la manivelle du cinématographe pour réfléchir sur l’homme et sur sa mémoire sans produire de nouvelles images. Une incommensurable et innombrable « gratuité » (A. Hénaff, Le prix de la vérité. Le don, l’argent et la philosophie) étrangère d’habitude à l’industrie du cinéma. […]

Extrait du texte paru dans la revue italienne "Communication sociales. Revue de média, spectecle et édutes culturals", année XXVII, n. 3, septembre-décembre 2005, numéro spécial sous la direction de Luisella Farinotti et Elena Mosconi "La méthode et la passion. Le cinéma d’amateur et le film de famille en Italie", pp. 519-526.

Marco Bertozzi (Bologne, 1963) appartient au groupe de metteurs en scène qui, ces dernières années, a contribué à la redécouverte et à la renaissance du documentaire italien, avec un fort apport théorique (avec des publications comme « La veduta Lumière », Bologne, 2001, « L’idea documentaria », Turin, 2003 et « Storia del documentario italiano », Venise, 2008), d’auteur (avec des films très appréciés par la critique nationale et internationale comme "Appunti romani", 2004), d’enseignement et de promotion culturelle (comme en témoignent ses collaborations avec l’Académie de France, l’Association italienne des documentaires, le Prix Solinas, l’Archive audio-visuelle du mouvement ouvrier de Rome). Après des études d’architecture à Florence, il a suivi un doctorat et post-doctorat en Cinéma à l’Université de Bologne, Paris VIII et Rome Trois ; il a réalisé des documentaires sur les thèmes de l’imaginaire urbain et des identités culturelles comme « Note per quattro amici » (prix Gabbiano d’Argento au festival Première vision pour le cinéma indépendant italien), "Rimini Lampedusa Italia" (2004) et "Il senso degli altri (2007), tous deux présentés au Festival du Film de Turin. Il est actuellement professeur de Cinématographie documentaire à l’Université de Macerata.